1919 |

1919-05

Commissaire de la République

Mardi 14 janvier 1919 (A)

Lettre dactylographiée du Commissaire de la République (Colmar) à la Société Duméril-Jaeglé et Compagnie (Fellering)

Mardi 14 janvier 1919 (A)

Reçu le 16.1.1919

République Française
Haute-Alsace
Cabinet
5370 [c]

Colmar, le 14 Janvier 1919
Le Conseiller d’Etat,
Commissaire de la République1

A Messieurs Duméril , Jaeglé et Cie
Fellering.

Par votre lettre du 11 Janvier 19192, vous me signalez la réponse insuffisamment précise, à votre gré, que le Lieutenant de Maroussem, Directeur des Services Financiers en Haute-Alsace, a faite à votre lettre du 18 Décembre, par laquelle vous lui demandiez si vos créances d’avant la guerre contre des débiteurs allemands seraient réglées de façon à ce que vous ne souffriez pas de la baisse du Mark.

Je comprends parfaitement l’intérêt que la question présente pour vous ; vous comprendrez de votre côté qu’aucune réponse n’y pouvait être faite que celle que vous avez reçue, et dont la formule-circulaire vous indique que c’est celle qui a été adressée à toutes les personnes qui ont saisi de la question le Service Financier. Soyez persuadés que le Lieutenant de Maroussem eût voulu pouvoir répondre à tous, que des mesures de droit positif garantissent dès maintenant que les titulaires de créances contre des Allemands ne subiront aucune perte. Il ne peut le faire, non plus que personne. Ces mesures ne peuvent être l’œuvre du Gouvernement français seul, qui ne saurait évidemment prendre à sa charge les pertes entraînées par une guerre dont il n’est pas responsable. Tout ce qu’il peut faire, et c’est à quoi il s’emploie, c’est d’imposer au Gouvernement allemand de garantir les créanciers français, contre la perte qu’entraînerait pour eux la baisse du Mark. J’espère qu’il y réussira ; c’est à cet espoir que faisait allusion de Lieutenant de Maroussem, en vous disant qu’il vous appartiendra, le cas échéant, de soumettre la question à une Chambre de compensations qui sera vraisemblablement créée au cours des négociations.

Il lui était impossible de vous donner une assurance que personne à l’heure actuelle ne possède ; quelle que soit l’importance que présente cette question pour vous, et pour tous ceux qui sont dans le même cas, force est d’attendre la solution à intervenir.

[Signature illisible]

Notes

1  En-tête imprimé.

2  Voir le brouillon de cette lettre.


Notice bibliographique

D’après l’original


Pour citer ce document

Commissaire de la République, «Mardi 14 janvier 1919 (A)», correspondancefamiliale [En ligne], 1919, Correspondance familiale, 1910-1919,mis à jour le : 30/08/2016

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Danièle Poublan

Cécile Dauphin

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