1877 |

1877-020

Félicité Duméril (épouse Duméril)

Mercredi 21 février 1877

Lettre de Félicité Duméril, épouse de Louis Daniel Constant Duméril (Vieux-Thann) à Aglaé Desnoyers, épouse d’Alphonse Milne-Edwards (Paris)

Mercredi 21 février 1877

Vieux-Thann 21 Février 1877.

Ma bien chère Aglaé,

Les lettres de nos chères petites1 nous initient à tout ce qu’elles font et tu juges avec quelle avidité nous les recevons. Nous voyons que tu ne manques jamais aucune occasion d’allier le travail à la récréation, et on peut dire que pour leur début dans le monde elles ont vu de bien jolies réunions où elles se sont fort amusées. Voilà Léon2 qui part demain matin avec Madame Stackler3 et sa chère fiancée4, il se fait grand plaisir d’aller te trouver avec ces dames qui sont, de leur côté, bien désireuses de te connaître et de voir nos chères petites. On comprend que Marie Stackler soit ce qu’elle est quand on a été à même de juger le cœur, les moyens, et les qualités solides de sa mère, c’est ce que nous disions hier après avoir lu une lettre que Madame Stackler adresse à mon mari5 en réponse à celle qu’il lui avait écrite au sujet de notre désir si vif de la voir se décider à venir se fixer à Vieux-Thann6. Tout dans cette lettre qu’elle vient d’écrire décèle une femme aussi distinguée par les sentiments du cœur, que par l’intelligence et la solide piété.

Il me tarde de savoir comment va ta bonne mère7, ces abcès survenus à un orteil par suite d’un ongle entré dans la chair, doivent la faire souffrir beaucoup, je souhaite vivement que l’ongle se soulève et tombe de lui-même car alors il y aura soulagement et guérison. Dis je te prie à la chère Madame Dumas8 que je suis bien avec elle par la pensée en sachant la grande nouvelle du mariage de son fils, et que je fais bien des vœux pour le bonheur de ce futur ménage.

Dernièrement étant allée chez Madame Miquey9 dont par parenthèse je ne puis assez parler de la bonté et de l’amitié qu’elle nous témoigne, je lui ai demandé de nous rendre le service, à ma sœur10 et à moi, de nous indiquer la toilette que nous devrons avoir le jour du mariage afin de nous trouver à l’unisson des autres dames. Elle m’a répondu que Mme Stackler et elle porteraient des robes noires et m’a fort aimablement proposé de me prêter un châle en dentelle me disant qu’elle en a deux. Je t’enverrai donc, ma bonne Aglaé, par l’entremise de Charles11 qui compte partir samedi prochain, ma robe de moire marron que tu connais pour que tu aies la complaisance de la faire teindre en noir, te priant de me la renvoyer dès qu’elle sera teinte afin que je puisse la faire faire un peu avant le mariage. Veuille me dire quel chapeau je pourrai commander ou plutôt quelle devra en être la couleur. Toujours c’est à toi que j’ai recours ma bonne Aglaé et je te remercie bien d’avance.

Adieu bien chère petite amie je t’embrasse de tout cœur ainsi que nos chéries.
Félicité Duméril.

Nous venons d’avoir le malheur de perdre un bien bon parent12, le père des deux jeunes personnes qui se sont faites religieuses13.

Notes

1  Marie et Emilie Mertzdorff (« nos chéries »).

2  Léon Duméril, son fils.

3  Marie Stéphanie Hertzog, veuve de Xavier Stackler.

4  Marie Stackler. Le trio va à Paris.

5  Louis Daniel Constant Duméril.

6  Vieux-Thann où habitera le futur ménage.

7  Jeanne Target, épouse de Jules Desnoyers.

8  Cécile Milne-Edwards, épouse d’Ernest Charles Jean Baptiste Dumas, belle-mère de (Jean Baptiste) Noël Dumas, qui va épouser Louise de Tournemine.

9  Joséphine Fillat, épouse d’Étienne Miquey.

10  Eugénie Duméril, veuve d’Auguste Duméril.

11  Charles Mertzdorff.

12  Constant Duméril.

13  Anna et Alice Duméril.


Notice bibliographique

D’après l’original


Pour citer ce document

Félicité Duméril (épouse Duméril), «Mercredi 21 février 1877», correspondancefamiliale [En ligne], 1870-1879, Correspondance familiale, 1877,mis à jour le : 12/06/2018

Danièle Poublan

Cécile Dauphin

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