1880 |

1880-78

Marcel de Fréville et Marie Mertzdorff (épouse de Fréville)

Fin de l’été 1880 (A)

Lettre de Marcel de Fréville et son épouse Marie Mertzdorff (en train vers Le Houssay dans l’Orne) à Charles Mertzdorff (Vieux-Thann)

Fin de l’été 1880 (A)

Fin de l’été 1880 (A)

Je commence par vous dire, mon cher père, que Marie1 va bien ; mais j’ai jugé plus prudent de rester2 afin d’avoir plusieurs heures de repos entre nos deux trajets ; mais aujourd’hui après une bonne nuit dans un lit, nous avons pris notre vol vers la Normandie. Je vous écris à chaque station, pendant les quelques minutes d’arrêt.

Hier soir, nous avons été dîner au Grand Hôtel3 ; salle magnifique ; 300 couverts ; et surtout quantité de types d’un aspect parfois très divertissant, et dont Marie s’est bien amusée.

Je voulais vous envoyer ainsi qu’à oncle4 deux curvimètres5 que j’ai achetés ce matin, mais la poste me les a refusés, ainsi qu’un [  ] de messagerie et ils ont fini par rester sur ma table, le temps m’ayant manqué pour vous les expédier dans des conditions [voulues] ; ce sera pour quand on se reverra à Paris.

Notre jardin est toujours aussi laid, les feuilles disparaissant sous une épaisse couche de poussière et l’herbe a tout envahi ; mais une vive jouissance nous y attendait, c’était de cueillir et de manger notre raisin, inutile de vous dire que nous en avons rarement trouvé de meilleur à condition toutefois de lui faire subir, avant de l’absorber, un lavage consciencieux.
Le temps est magnifique, et ses bonnes dispositions semblent nous présager plusieurs belles journées ; nous espérons qu’elles contribueront [à passer] ce rhume malencontreux qui s’est emparé d’oncle.

Merci à Emilie6 de son gentil petit souvenir ; nous l’avons lu avec grand plaisir, et très touchés de cette délicate attention.

Mon cher Papa, à mon tour je réclame une petite place pour t’embrasser ainsi que tout ton cher entourage et te répéter après Marcel que nous sommes en train de faire un excellent voyage ; nous voilà arrivés à Laigle, nous n’avons plus que 2 stations avant Sainte-Gauburge nous en avons déjà passé 19 ! c’est vraiment bien ennuyeux les trains omnibus ; heureusement que les voyageurs se chargent de nous fournir de nombreuses distractions nous avons même eu le plaisir de voir monter une noce ; il y a une grande quantité de réservistes qui ont fini leur temps et qui regagnent très gaiement leurs foyers. A Paris une vieille bonne femme est venue me demander comment il fallait qu’elle s’y prenne et par où passer pour aller à Rennes à pied parce qu’elle n’avait plus d’argent ; je l’ai adressée aux employés du chemin de fer qui ont eu l’air de bien s’en amuser.  

Le train repart [  ] je t’embrasse de tout mon cœur ainsi que tante, oncle7 [  ]
Marie
  

Notes

1  Marie Mertzdorff, épouse de Marcel de Fréville.

2  Une halte rue Cassette entre Vieux-Thann et Le Houssay.

3  Le Grand Hôtel, palace du Second Empire, dans le quartier de l’Opéra, à Paris.

4  Georges Heuchel.

5  Le curvimètre permet de mesurer sur les cartes des itinéraires non rectilignes.

6  Emilie Mertzdorff, sœur de Marie.

7  Probablement Aglaé Desnoyers et son époux Alphonse Milne-Edwards.


Notice bibliographique

D’après l’original


Pour citer ce document

Marcel de Fréville et Marie Mertzdorff (épouse de Fréville), «Fin de l’été 1880 (A)», correspondancefamiliale [En ligne], 1880, 1880-1889, Correspondance familiale,mis à jour le : 23/04/2019

Danièle Poublan

Cécile Dauphin

Centre de recherches historiques
EHESS
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