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Dumas, Ernest Charles Jean Baptiste (1827-1890) et ses descendants

Familles Dumas et Mangon

Dans les années 1860, les lettres d’Eugénie Desnoyers à sa sœur Aglaé, épouse d’Alphonse Milne-Edwards, font allusion à la famille Dumas, alliée aux Milne-Edwards. Les demoiselles Mertzdorff, élevées chez les Milne-Edwards, rencontrent souvent des membres de la famille Dumas à partir des années 1870. Les relations se poursuivent à la génération suivante.

Le père, Jean Baptiste Dumas (1800-1884), né à Alès (Gard) poursuit ses études de pharmacie en Suisse. Il publie un mémoire sur la physiologie du système nerveux, qui attire en particulier l'attention de De Candolle. Il est alors invité à Paris (1821) où il devient assistant de Louis Jacques Thénard à la Faculté des sciences et répétiteur à l'École polytechnique. Il épouse en 1826 Hermine Brongniart (1803-1890), fille du minéralogiste Alexandre Brongniart et de Cécile Coquebert de Montbret. Jean Baptiste Dumas travaille aux côtés de leur fils Adolphe Brongniart et participe à la fondation en 1823 des Annales des Sciences naturelles. Il publie de nombreux articles dans le Dictionnaire classique d'Histoire naturelle (1822-1831) de Bory de Saint-Vincent (1778-1846).

Il donne également des cours de chimie à l'Athénée, centre de conférences sur les sciences et les techniques qui est aussi lieu de rassemblement de l'opposition libérale au gouvernement (chefs d'entreprise, scientifiques). On y trouve bon nombre de lecteurs du Globe, journal d'opposition d'intellectuels, dont Alphonse Lavallée est actionnaire. Dumas aide Lavallée à fonder en 1829 l'École centrale des arts et manufactures, qui a pour but de former des ingénieurs civils.

Elu dans la section de chimie de l'Académie des sciences en 1832, Dumas succède ensuite à Thénard à la chaire de chimie de l'École polytechnique en 1835, jusqu'en 1840 où il est remplacé par Théophile Jules Pelouze. En 1838, il devient titulaire de la chaire de chimie organique à la Faculté de médecine. Parallèlement, il devient suppléant de Thénard à la Faculté des sciences pour les cours du 2e semestre de 1832 à 1836, puis pour l'ensemble des cours de 1836 à 1841. Il est fait membre étranger de la Royal Society en 1840. Il devient ensuite titulaire de la nouvelle chaire de chimie et doyen de la Faculté en 1841, succédant à Jean-Baptiste Biot.

Dumas est élu député du Nord (1849) ; il est ministre de l'Agriculture et du Commerce d’octobre 1850 à janvier 1851 et fait sénateur par Napoléon III. Il est nommé inspecteur général de l'enseignement supérieur pour les sciences et vice-président du Conseil impérial de l'instruction publique.

Dumas formule les principes fondamentaux de la chimie générale et travaille sur la chimie organique. Il détermine de façon précise la composition de l'air, de l'eau et du gaz carbonique. Il établit la théorie des substitutions en démontrant la possibilité de substituer le chlore à l'hydrogène dans les composés organiques – ce qui revient à affirmer l’unité de matière ; il définit la fonction alcool et donne la composition d'éthers.

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Jean Baptiste Dumas et Hermine Brongniart ont deux enfants : Ernest Charles Jean Baptiste Dumas (1827-1890) et Marie Noëlie Cécile Dumas (1831-1928).

1 -  Ernest Charles Jean Baptiste Dumas (1827-1890), sorti de l’Ecole des Mines, est directeur des Monnaies de Rouen en 1852, puis de Bordeaux de 1860 à 1867. Elu du Corps législatif entre 1868 et 1870, il revint à la Monnaie à partir de 1870, exerçant les fonctions d’essayeur en chef de la Garantie. Son discours de réception à l'Académie impériale des sciences, belles-lettres et arts de Rouen, Essai sur la fabrication des monnaies, est publié (1856), ainsi que des Notes sur l'émission en France des monnaies décimales de bronze -852-1865 (1868) ; une Lettre relative à la répression des fraudes commises dans le commerce des graines de vers à soie (1870) ; des Notes sur la fabrication des monnaies d'or et d'argent en Angleterre (1871).

Ernest Charles Jean Baptiste Dumas épouse en premières noces, le 23 octobre 1850, Julie Milne-Edwards (1831-1857). Ils ont deux enfants : Noël Jean Baptiste Dumas1 (1854-1943) et un autre fils, Napoléon (1856-1863). Dans une lettre du 29 novembre 1863 Eugénie Desnoyers fait allusion à la mort de cet enfant malade dont Cécile Milne-Edwards, sa tante et belle-mère, prenait soin. Noël Jean Baptiste Dumas, admis à Saint-Cyr (1874-1876), général de brigade, épouse en 1877 Louise Tournemine (née en 1850) ; ils ont 4 enfants, dont Cécil Dumas (1878-1955) et Cécile Dumas (1880-1980).

Ernest Charles Jean Baptiste Dumas épouse en secondes noces, le 8 décembre 1862, Cécile Milne-Edwards (1832-1917), sœur de Julie. Ils ont un enfant, Jean (Baptiste Henry) Dumas, né à Bordeaux le 14 avril 1865 ; Aglaé Desnoyers, épouse d’Alphonse Milne-Edwards, s’occupe souvent de cet enfant, l’hébergeant à Paris comme en villégiature. Jean Dumas épouse sa cousine Marthe (Laure Marie Sophie) Pavet de Courteille le 19 octobre 1887, à Paris 5; parmi les témoins de ce mariage, on relève les noms de Gustave Pinel de Grandchamps, général de brigade, 58 ans ; Edouard (Charles Franklin) Brongniart, inspecteur des écoles de dessin, officier de l'instruction publique, 56 ans ; Alphonse Milne-Edwards, 50 ans et (Camille Hippolyte) Paul Brouardel, doyen de la faculté de médecine, 50 ans. Jean Dumas décède à Nogent-le-Rotrou en 1907.
Jean Dumas et Marthe Pavet de Courteille ont 5 enfants :
- Cécile Dumas (née en 1889)
- Louise Marie Dumas (née le 28 janvier 1891 à Blaise en Haute-Marne). Par jugement du 19 mai 1908, Louise Marie Dumas peut ajouter Milne-Edwards à son nom. Elle est en effet l'arrière-petite-fille d'Henri Milne-Edwards. Louise Marie Dumas-Milne-Edwards épouse Armand Caruel le 25 juillet 1910 à Paris 6e.
- Daniel Dumas (1893-1918)
- Georges Dumas (1894-1975), marié avec Jeanne du Pouget (1901-1930)
- Jeanne Dumas (née en 1896) (dite « Poupette » ?)

2 -  Marie Noëlie Cécile Dumas (1831-1928) épouse en 1855 Hervé Mangon (1821-1888) ingénieur et homme politique ; ils n’ont pas d’enfant. Hervé Mangon est le fils d’un médecin militaire normand. Ingénieur en chef des Ponts et chaussées, il est spécialiste de l’assainissement et du drainage des terres incultes. Il se passionne pour la météorologie, en particulier dans sa propriété de Brécourt, en Normandie (une lettre du 29 mai 1875 fait allusion à cette demeure). Hervé Mangon enseigne l’hydraulique agricole à l’École des ponts et chaussées ; le génie rural au Conservatoire des arts et métiers et au nouvel Institut national (1876). Hervé Mangon est nommé membre de l’Académie des sciences (1872) où il est élu vice-président en 1887. En 1880 il devint  directeur du Conservatoire des arts et métiers. Député de la Manche Hervé Mangon devient ministre de l'Agriculture en 1885.

Notes

1  Noël Jean Baptiste Dumas apparaît sous deux prénoms dans l’index : « Noël » lorsqu’il est enfant puisque c’est le prénom employé par tous ; puis « Jean Baptiste Noël » dans les lettres plus tardives, lorsqu’il devient adulte : son prénom retenu internationalement est « Jean Baptiste », nous l’avons donc adopté, mais nous avons gardé Noël, employé dans l’enfance, pour le différencier de son ancêtre Jean Baptiste Dumas (1800-1884).


Notice bibliographique


Pour citer ce document

, «Dumas, Ernest Charles Jean Baptiste (1827-1890) et ses descendants», correspondancefamiliale [En ligne], Biographies, Compléments historiographiques, D,mis à jour le : 04/10/2016

Danièle Poublan

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