1809 |

1809-06

André Marie Constant Duméril

Mercredi 27 septembre 1809 (A)

Lettre d’André Marie Constant Duméril (Amiens) à sa belle-mère Mme Delaroche (Paris)

Mercredi 27 septembre 1809 (A)

Mercredi 27 septembre 1809 (A)

Mercredi 27 septembre 1809 (A)

Mercredi 27 septembre 1809 (A)

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Amiens le 27 7bre 1809.

pour aujourd’hui, Madame, vous voyez que c’est moi qui prends la plume au reçu de votre lettre, pour vous remercier. Alphonsine1 en espérait dès hier et votre silence l’aurait inquiétée ; car elle craignait déjà que l’indisposition de Madame Castanet2 n’ait eu quelque suite. aussi à l’arrivée du postillon son visage s’est tout épanoui et elle en est toute guillerette.

il fait ici très froid : il pleut aussi presque tous les jours un peu depuis notre arrivée, cependant comme le vent est vif le pavé se sèche facilement et nous avons pu sortir le matin pour faire d’assez longues promenades même avec Caroline3 qui s’en tire à merveille et l’après-dîner, c’est à dire vers trois heures, nous faisons des visites.

Nos enfants sont maintenant ici ou plutôt ils ont été depuis leur arrivée comme chez eux. Caroline est très caressante pour sa bonne maman et même pour son bon papa4. tous deux sont enchantés de ses manières. Maman cependant tout en la caressant beaucoup, ne cède pas trop à ses caprices et elle en fait tout ce qu’elle veut. elle fait toujours ce qu’elle appelle ses folies. sa petite cousine Duval qui a six ans l’a prise en grande amitié, elle vient lui tenir compagnie ou Caroline va jouer avec elle dans le jardin et elle est fort heureuse. le lendemain de notre arrivée à cause du changement de l’heure des repas on n’avait su comment la faire dormir vers une heure - cependant elle s’était levée à six heures du matin. le soir elle fut un peu grognon et depuis on la fait coucher vers onze heures et demie, midi on la lève pour dîner et tout va le mieux du monde : il n’y a plus un peu de pleurs que dans l’acte de la toilette ; car pour le visage et la poitrine il y a incompatibilité avec l’eau, telle tiède même qu’elle soit.

elle couche dans ma chambre comme je crois qu’Alphonsine vous l’a mandé. dès le matin on lui donne un petit panier qui renferme une petite petite poupée avec tous ses ajustements même de rechange (présent de la petite cousine Duval) et mon Dieu cest-i-beau !

Quant à Constant : il est assez bon enfant quoique volontaire et colère par minute – au demeurant bon vivant et étonnant par son appétit qu’on ne peut rassasier.

Alphonsine mange aussi de manière à faire honneur à son visage. Sa propension au sommeil l’a tourmentée un peu ces deux ou trois dernières soirées, d’ailleurs elle est ainsi que moi très bien portante.

pour d’autres nouvelles de Middelbourg que celles dont nous vous avons fait part, nous attendons d’un moment à l’autre une lettre d’alost5 le courrier du nord n’arrivant ici que l’après-dîner. nous n’avons pas trouvé nos parents aussi inquiets que nous ne le craignions. tous deux ne sont nullement changés depuis trois ans. le jeune Montfleury6 est très grandi : toujours un peu gâté, il a beaucoup de moyens. il a pour Caroline cependant beaucoup d’attention et elle l’appelle mon petit.

Voilà j’espère des détails, au moins sur Caroline. Veuillez recevoir nos tendres amitiés et les faire agréer à MM. Delaroche et à notre tante7.

Votre très affectionné gendre C. D.

P.S. je prie mon frère François de me rendre quelques petits services. Ce sera de joindre à l’envoi pour lequel Alphonsine vous met ici un petit mot.

1° une paire de couverts de buis pour la salade à manches longs, pas des plus beaux - cependant un peu mieux que ceux qu’il avait achetés un certain soir.

2° un couteau à pain dont le prix de 4ll environ avec un écusson sur lequel, si cela est possible, il ferait graver le mot Pain.

3° de joindre des notes que lui aura peut être apportées M. De Blainville.

Veuillez bien présenter nos hommages à la famille de M. et Mme Varnier et Torras8

Annexes

A Madame

Madame Delaroche

Rue Favart n°2

Paris

Notes

1 Alphonsine, fille de Mme Delaroche, épouse d’André Marie Constant Duméril.
2 Elisabeth Castanet, sœur de Mme Delaroche.
3 Caroline (l’aînée), première enfant d’AMC Duméril, née en 1807 ; le second, Louis Daniel Constant, est né en juin 1808.
4 Les parente d’AMC Duméril : Rosalie Duval et François Jean Charles Duméril.
5 Auguste (l’aîné), frère d’AMC Duméril, se marie à Alost en 1809 avec Alexandrine Cumont.
6 Florimond dit Montfleury, fils aîné du frère d’AMC Duméril ; il porte les mêmes prénom et surnom que son père.
7 Daniel Delaroche, mari de la destinataire ; Etienne François, son fils ; Elisabeth Castanet, sa sœur.
8 Les familles Torras et Delaroche sont liées de longue date à Genève ; la mère de Anne Gardelle (épouse de Pierre Torras) s’est remarié avec le Docteur Varnier.

Notice bibliographique

D’après l’original (il existe également une copie dans le livre des Lettres de Monsieur Constant Duméril à sa femme, p. 4-7). Cette lettre est jointe à celle de Alphonsine (cf. document n°1809-07)


Pour citer ce document

André Marie Constant Duméril, «Mercredi 27 septembre 1809 (A)», correspondancefamiliale [En ligne], Correspondance familiale, 1800-1809, 1809,mis à jour le : 04/12/2006

Danièle Poublan

Centre de recherches historiques, EHESS 190-198 avenue de France
F-75013 Paris