1868 |

1868-48

Aglaé Desnoyers (épouse Milne-Edwards)

Mardi, automne 1868

Lettre d’Aglaé Desnoyers, épouse d’Alphonse Milne-Edwards (Paris) à Marie Mertzdorff (Vieux-Thann)

Mardi, automne 1868

Mardi, automne 1868

Mardi 10 h du matin1

Ma chère petite Marie,

Que dois-tu penser de cette vilaine tante Cala qui ne répond même pas à ses chères petites nièces2 et ne les remercie pas directement de leurs jolis ouvrages ? Je reconnais que c’est bien mal et compte ne plus recommencer.

Vous devez bien jouir de ce beau temps pour vous promener et écrire au jardin ; petit Jean3 est installé devant la maison à jouer avec le sable, il fait une plantation d’herbes qui <me> paraît superbe. Ce petit bonhomme prend 3 fois par semaine une espèce de leçon d’anglais qui consiste à regarder des images et à les nommer : il a déjà appris pas mal de mots ; du reste le jeune homme continue à aimer le jeu avec passion et la lecture n’a pas encore beaucoup de charme pour lui.

Nous parlons tous bien souvent de Vieux-Thann et l’idée fixe de Jean est d’y retourner ; tout en étant plus raisonnable que cet Eté ce n’est pas encore un modèle d’obésssancernerns devisons souvent non, tapons quelquefois du pied lorsque tout ne va pas selon notre idée, et sommes très douillet. Hier le grand vent lui a emporté son voile et il ns dea été impossible de remettre la main dessus, tu comprends tout le plaisir qu’on peut trouver à une semblable aventure.

Cette chère bonne-maman Desnoyers4 va beaucoup mieux, elle est déjà levée, a bien meilleure mine et n’a presque pas toussé cette nuit.

Devine où a couché petit Jean Samedi dernier ? dans la chambre d’ami Julien5 que la préoccupation d’un tel voisinage a empêché de dormir ; tout était dans son imagination car son compagnon s’endort maintenant à 8 h pour ne se réveiller que 12 ou 13 h après ; mais ce pauvre oncle Julien rêvait que la tête de son enfant passait entre les barreaux du lit, qu’il s’était découvert, etc. ; toutes idées faites pour lui enlever son repos.

Tu as deviné le motif qui ns deavait empêchés de garder Jean à la maison ; ayant du monde à dîner et le soir il n’était pas facile de lui consacrer une personne aussieavais-je eu recours à l’obligeance de nos chers voisins.

Les jolis dessous de lampe m’ont fait bien grand plaisir, ils sont sur mon bureau où ils me sont très commodes et font fort bon effet.

Je me suis déjà servi de la belle marquette de ma petite Emilie et la garde dans ma table à ouvrage. Les jolies fleurs que ta chère maman6 ns dea adressées m’ont fait bien grand plaisir, le salon en était orné et chacun m’adressait des compliments qui revenaient directement aux chers habitants de Vieux-Thann.

Adieu, ma chère petite Marie, charge-toi de toutes mes amitiés pour ta chère maman, ton papa et reçois de tendres baisers à partager avec ta petite sœur.

A. M. Edwards

vis bien des choses à Cécile7 de ma part.

Notes

1 Lettre déclassée dans les archives familiales, dont la datation n’est pas certaine.
2 Marie et Emilie Mertzdorff.
3 Jean Dumas, né en 1865.
4 Jeanne Target, épouse de Jules Desnoyers.
5 Julien Desnoyers.
6 Eugénie Desnoyers, épouse de Charles Mertzdorff.
7 Cécile, bonne des petites Mertzdorff.

Notice bibliographique

D’après l’original


Pour citer ce document

Aglaé Desnoyers (épouse Milne-Edwards), «Mardi, automne 1868», correspondancefamiliale [En ligne], Correspondance familiale, 1860-1869, 1868,mis à jour le : 24/01/2013

Danièle Poublan

Cécile Dauphin

Centre de recherches historiques
EHESS
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F-75006 Paris